Conchyliculture en Europe : entre résilience productive et défis de consommation
Par ADC , un article synthèse commandé à une personne externe à ADC, donc ce qui est perçu par un lecteur moyen d’information (2025 05)
La conchyliculture européenne, pilier de l’économie littorale, conjugue savoir-faire ancestral et défis contemporains. Entre production dynamique et consommation en mutation, le secteur navigue dans un environnement en constante évolution.
Production : une filière robuste face aux enjeux
En 2023, l’aquaculture européenne a atteint une production de près de 1,1 million de tonnes, générant un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros. La conchyliculture, représentant une part significative de cette production, est dominée par quatre pays : l’Espagne, la France, la Grèce et l’Italie, qui concentrent plus des deux tiers de la production totale.
La France, avec une production de 185 372 tonnes en 2023, se distingue par la diversité de ses espèces cultivées, notamment les huîtres et les moules. Le secteur, composé majoritairement de petites et moyennes entreprises, emploie environ 20 000 personnes, soulignant son importance socio-économique, notamment en Normandie et dans les Hauts-de-France.
Face aux défis environnementaux, la filière s’engage dans des pratiques durables, telles que l’aquaculture multitrophique intégrée, visant à minimiser l’impact écologique tout en optimisant la production. Les avancées technologiques, notamment dans les systèmes d’élevage et la gestion des exploitations, contribuent également à renforcer la résilience du secteur.
Consommation : entre tradition et nouvelles tendances
La consommation de coquillages en Europe connaît des fluctuations, influencées par des facteurs économiques et sociétaux. En France, la consommation d’huîtres a enregistré une baisse,. Cette diminution s’explique en partie par l’inflation et les préoccupations sanitaires liées à la qualité des eaux.
Par ailleurs, la crise sanitaire a modifié les habitudes alimentaires, avec une attention accrue portée à l’origine des produits et à leur mode de production. Les consommateurs privilégient désormais des produits locaux, durables et de qualité, offrant ainsi de nouvelles opportunités pour la conchyliculture française.
Le marché mondial de la conchyliculture, estimé à 159,16 milliards de dollars en 2023, devrait atteindre 240,81 milliards de dollars d’ici 2032, avec un taux de croissance annuel moyen de 4,71 %. Cette croissance est portée par la demande croissante de produits de la mer sains et durables, ainsi que par les innovations technologiques dans le secteur.
Perspectives pour les professionnels normands et des Hauts-de-France
Pour les conchyliculteurs de Normandie et des Hauts-de-France, ces évolutions représentent à la fois des défis et des opportunités. La diversification des espèces cultivées, l’adoption de pratiques durables et la valorisation des produits locaux sont autant de leviers pour renforcer la compétitivité de la filière.
L’arrivée de l’IGP Huître de Normandie (grâce à la ténacité de T.Hélie et de ses équipiers) correspond formidablement bien aux attentes d’authenticité des consommateurs. La moule de bouchot se doit de consolider son image grâce au signe de qualité STG. La mise en place de campagnes de communication par le CRC Normandie/hauts-de-France( d’un montant inégalé par rapport au autres régions) axées sur la qualité et la durabilité des produits, ainsi que le développement de circuits courts, peuvent également contribuer à renforcer la confiance des consommateurs et à stimuler la demande.
En somme, la conchyliculture européenne, et en particulier celle des régions normandes et des Hauts-de-France, dispose de nombreux atouts pour s’adapter aux évolutions du marché et répondre aux attentes des consommateurs. Une stratégie proactive, combinant innovation, durabilité et proximité, sera essentielle pour assurer la pérennité et le développement du secteur.
Ce chapitre a juste vocation de « voir l’image » renvoyée, et il est toujours intéressant de s’en imprégner.