ADC – Conchyliculture

LE 21 -ème siècle sera marin, car la mer c'est la vie …et la vie c'est la conchyliculture

À en croire les dernières communications de notre interprofession, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes coquillés. Le soleil brille, les ministres se promènent sur les estrades, les salons fêtent leurs anniversaires, les huîtres chantent, les algues dansent, les moules prospèrent, et nous, conchyliculteurs, n’aurions plus qu’à savourer la saison qui s’annonce,…

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Réponse à un édito » tous les voyants sont au vert , bien que rien ne va , les lunettes parisiennes sont devenues daltoniennes , alors chantons « Tout va bien, Madame la Marquise ! »

À en croire les dernières communications de notre interprofession, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes coquillés. Le soleil brille, les ministres se promènent sur les estrades, les salons fêtent leurs anniversaires, les huîtres chantent, les algues dansent, les moules prospèrent, et nous, conchyliculteurs, n’aurions plus qu’à savourer la saison qui s’annonce, un verre de muscadet à la main.

Sauf que… sur le terrain, c’est une autre chanson.
Les ventes stagnent, les prix sont en berne depuis deux ans (en dessous des coûts de production, faut-il le rappeler ?), la prédation par les araignées de mer continue de faire des ravages sans réaction digne de ce nom, et les « conseils de filière », et les  conseils du CNC par an  (au nombre faramineux de deux par an) ressemblent davantage à des causeries entre gens de bonne compagnie qu’à un vrai lieu de gouvernance partagée.

Quant à la diversification et aux algues, très bien, pourquoi pas, mais pendant ce temps-là, les moules crèvent, les professionnels s’épuisent, et l’interpro reste figée entre le stand des fromages d’AOP et celui des start-ups de l’agri-tech au Salon de l’Agriculture.

Le plus triste, c’est peut-être cette incapacité chronique à nommer les problèmes : comme si dire la vérité risquait de contrarier l’administration, ou de nuire à quelque future campagne électorale. Pas de vagues. Pas de bruit. Pas de désaccord.

Alors non, tout n’est pas au vert.
– Les voyants clignotent rouge sur les comptes d’exploitation.
– Les stocks biologiques sont sous pression.
– Et le seul endroit où l’on semble respirer l’air marin, c’est dans les cocktails à la rocade périphérique.

Il est temps de redescendre des salons, de venir voir ce qui se passe sur les parcs, dans les bassins, dans les comptoirs de vente, et ce n’est en étant dégoulinant d’indemnités, et autres colifichets. Il est temps que ceux qui prétendent parler au nom de la filière prennent le pouls réel de celle-ci, et non le tempo des communiqués.

Parce que notre passion, notre métier, notre savoir-faire, oui, ils peuvent rayonner.
Mais pas en faisant semblant que tout va bien quand la coque prend l’eau.
(avril mai 2025)