ADC – Conchyliculture

LE 21 -ème siècle sera marin, car la mer c'est la vie …et la vie c'est la conchyliculture

Chronique d’un engagement très… comment dire… variable Il est des spectacles dont la conchyliculture a le secret (d’autres n’ont rien à nous envier, mais nous sommes quand même dans le top 3 du ramage).  Des spectacles récurrents, presque saisonniers. Comme les marées ou les mortes-eaux, les blooms de phytoplancton… ou le renouvellement des CRC. À…

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Le GOELAND D’AVANT LE PRINTEMPS, et D’AUTRES SAISON

Chronique d’un engagement très… comment dire… variable

Il est des spectacles dont la conchyliculture a le secret (d’autres n’ont rien à nous envier, mais nous sommes quand même dans le top 3 du ramage).  Des spectacles récurrents, presque saisonniers. Comme les marées ou les mortes-eaux, les blooms de phytoplancton… ou le renouvellement des CRC.

À cette période, une activité frénétique semble soudain saisir une partie de la profession, après avoir attendu la bonne parole administrative quelques mois, qui dépassent la douzaine d’huîtres. Bref une activité frénétique, Non pas dans les parcs. Ni dans les cabanes. Mais dans un endroit beaucoup plus fréquenté : la file d’attente pour critiquer.

On pourrait imaginer, voire dessiner : une longue, très longue file pour critiquer, une autre presque aussi fournie pour expliquer ce qu’il faudrait faire… et, tout au bout, une petite pancarte discrète : “File pour faire”.
Devant laquelle, comme par hasard, il n’y a presque personne.

Il faut dire que faire, c’est compliqué.
Il faut lire des dossiers, participer à des réunions, répondre à des courriers, prendre des coups, arbitrer entre des intérêts contradictoires, défendre la profession face à l’administration, aux ONG, aux élus, aux crises sanitaires, aux arrêtés, aux études, aux rapports et aux commissions, bref travailler.

Bref, faire, c’est ingrat, et très peu reconnu.

Critiquer, en revanche, est une activité à très forte valeur ajoutée.
Elle ne nécessite ni mandat, ni responsabilité, ni même parfois information préalable. Une opinion suffit, (et une girouette pour indiquer suivant le vent où on va tomber comme une figue molle). Deux si l’on veut être vraiment convaincant.

Et c’est là qu’un second dessin pourrait apporter une précision philosophique essentielle.  Un personnage (un pingouin ou un manchot, à ne pas confondre avec un empereur, ou un pape), à moitié immergé dans l’eau, explique avec aplomb :

« Ce n’est pas parce qu’on n’a aucune idée de ce que nous aurions fait

 qu’on doit s’empêcher de critiquer ce que vous avez fait. »

Voilà qui résume assez bien certaines prises de position que l’on peut entendre à l’approche des renouvellements.

Car chacun connaît la règle implicite de cette période :
plus on s’est tenu éloigné des responsabilités pendant des années, plus on est certain de ce qu’il aurait fallu faire.

Les élus sortants, eux, ont bien sûr faillis et commis une faute stratégique majeure :
ils ont essayé.

Et essayer expose à deux risques terribles :

  1. Ne pas réussir du premier coup ;
  2. Devoir prendre des décisions d’intérêt général dans un monde imparfait.
  3. Attendre et attendre que les couloirs administratifs se désencombrent

Pendant ce temps, ceux qui sont restés bien à distance bénéficient d’un avantage incomparable :
la perfection rétrospective. La critique et la vengeance personnelle, car mieux attaquer la personne que les idées (à Brassens tu nous manques)

Avec un recul confortable — souvent situé entre la remorque et la machine à café, ou le bol de chia si on est au-dessus du «pécore moyen »  — il est toujours possible de démontrer que tout aurait pu être mieux fait. Par quelqu’un d’autre. À un autre moment. Avec d’autres moyens. Et idéalement sans contraintes administratives, juridiques, environnementales, budgétaires ou politiques, BREF en ne respectant pas le droit et les règlements (trop barbant à lire).

Une méthode redoutablement efficace.

Mais le renouvellement des CRC a au moins une vertu :
il rappelle que les institutions professionnelles ne fonctionnent pas uniquement à l’indignation.

Elles fonctionnent grâce à quelques professionnels — souvent trop peu nombreux, on peut le regretter, mais c’est le corolaire de la file critiquer— qui acceptent de quitter, de temps en temps, la file critiquer… pour aller rejoindre la petite file pour faire.

Celle qui demande réflexions, et structuration mentale et non démagogique.

Celle qui est courte.
Celle qui est fatigante.
Mais qui, étrangement, est aussi la seule qui fasse avancer la profession.

Le Goéland déchaîné observera donc avec attention ( et délice)  les prochaines semaines.

Et il formule un vœu simple :
que la file pour faire s’allonge un peu.

Même si, soyons lucides, la file pour critiquer restera probablement la plus populaire du port.

Bien goélandement votre

LE GOELAND DE L’ETE

Conchyliculture française :

cette démission qui en dit long sur la gouvernance du CNC


Un départ qui dépasse largement une simple démission

Dans une organisation professionnelle, certaines démissions passent presque inaperçues. D’autres marquent une rupture. Celle du président d’un secteur du Comité national de la conchyliculture (CNC) appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

Ce départ n’est ni un coup d’éclat ni une réaction d’humeur. La lettre adressée au président du CNC est mesurée et argumentée. Quoique l’on pense de la personne , elle mérite d’être respectée. Elle décrit le cheminement d’un responsable qui, après avoir accepté une mission difficile au plus fort des crises sanitaires frappant la conchyliculture française, constate qu’il ne lui est plus possible d’exercer pleinement les responsabilités qui lui avaient été confiées, d’autant plus que le président national était venu le débaucher, pour affaiblir des CRCs (Comité Régional de la Conchyliculture).

Au-delà des mots employés, c’est un constat lourd qui apparaît : lorsque la confiance disparaît, l’action finit par devenir impossible.


Une gouvernance qui interroge depuis plusieurs années

Personne ne peut sérieusement considérer cette démission comme un épisode isolé.

Depuis près de huit ans, les difficultés de fonctionnement au sein de la gouvernance nationale de la filière conchylicole se répètent avec une régularité troublante.

Au cours de cette période, les vice-présidences se sont succédé sans jamais parvenir à établir une relation de travail durable avec la présidence nationale. Une première démission est déjà intervenue durant ce mandat. À cela s’ajoutent les nombreux départs de directeurs au sein des différentes structures professionnelles concernées.

Naturellement, chaque situation possède sa propre histoire. Mais lorsque les départs deviennent récurrents, lorsqu’ils concernent des responsables aux parcours différents, aux sensibilités différentes et aux compétences reconnues, une question finit inévitablement par s’imposer : le problème relève-t-il uniquement des personnes… ou d’un mode de gouvernance ?

La question mérite d’être posée. Elle mérite surtout d’être débattue.


Pendant ce temps, les vrais dossiers attendent

Le plus regrettable est sans doute que cette énergie perdue dans les tensions internes manque aujourd’hui aux véritables priorités de la conchyliculture française.

Les ostréiculteurs attendent des réponses concrètes face aux fermetures sanitaires liées au norovirus (et surtout pas un programme non abouti à la fiabilité sans reconnaissance scientifique), aux conséquences des défaillances des stations d’épuration, à l’application effective du principe du pollueur-payeur, à la création d’un véritable fonds d’indemnisation des entreprises conchylicoles ou encore à la simplification des règles qui encadrent notre profession. Les productions conchylicoles chutent MAIS la présidence nationale signe seule avec l’Etat une augmentation sûrement virtuelle imaginée à Paris ; les cours dégringolent, la consommation « fout » le camp : quels beaux résultats, en 8 ans cette présidence aura poussé vers le bas les professionnels,et les envoyer au RMI  …

Autant de sujets évoqués dans cette lettre , comme dans les pseudo-conseils nationaux.

Autant de dossiers qui concernent directement l’avenir économique de centaines d’entreprises et de milliers d’emplois sur nos littoraux.

Pendant que certains regardent les équilibres internes, les professionnels, eux, continuent chaque matin à travailler avec la mer, les marées, les contraintes sanitaires et les réalités économiques, pour payer charges,et CPO nationales, pour arriver à un bilan comptable aux équilibres fragiles  et ne tenant qu’au prix de blocage de fonds (il serait normal de rendre cet argent aux entreprises de la filière).


Le silence est parfois plus parlant que les discours

Une autre interrogation ne manque pas de surprendre.

Nous sommes en pleine période électorale.

Les boîtes mail des professionnels débordent de lettres d’information, de bilans, de promesses, de photographies officielles et de professions de foi. Les newsletters se succèdent à un rythme soutenu pour expliquer ce qui aurait été accompli, ce qui sera entrepris demain, ou ce qu’il conviendrait de poursuivre.

Pourtant, sur ce départ majeur, silence absolu, comme lors du départ du même poste de Olivier LABAN.

Comme si cette information n’existait pas.

Comme si les conchyliculteurs ne devaient connaître que les nouvelles qui confortent le récit officiel.

Le silence n’efface jamais les faits. Il ne fait que les rendre plus visibles.


Quand la « Villa Rose » ressemble davantage à une cour qu’à une maison commune

IIl existe des lieux qui, avec le temps, finissent par façonner ceux qui les occupent.

La Villa Rose, siège « ironique » du Comité national de la conchyliculture, devrait être la maison commune de tous les producteurs français.

Elle ne peut devenir le symbole d’un pouvoir replié sur lui-même.

Car une organisation professionnelle ne fonctionne pas comme une monarchie. Elle ne repose ni sur la fidélité à un homme, ni sur le silence des autres.

Elle vit de débats contradictoires, de responsabilités partagées, d’idées confrontées, parfois de désaccords. C’est précisément cette diversité qui fait sa richesse.

À défaut, le risque est de transformer progressivement une institution professionnelle en une cour où chacun apprend davantage à plaire qu’à construire.

L’Histoire montre que les palais les plus silencieux ne sont pas toujours les plus solides, et ironie du sort ce « palais » fuit : une véranda prend l’eau de toute part, et dans l’acte notarié : aucune réserve, aucun diagnostic …. On croirait que les faits pointent du doigt le travail de cette présidence : quelle ironie !


Les conchyliculteurs méritent mieux

Notre interprofession conchylicole traverse probablement l’une des périodes les plus complexes de son histoire.

Crises sanitaires, changement climatique, concurrence internationale, baisse des prix, prédation, évolution des normes environnementales, renouvellement des générations : jamais les défis n’ont été aussi nombreux.

Dans un tel contexte, la gouvernance du CNC devrait être un facteur de rassemblement et non une usine à division.

Elle devrait favoriser les compétences plutôt que les fidélités, les projets plutôt que les postures, l’écoute plutôt que les certitudes.

Les producteurs n’attendent pas une communication toujours plus abondante.

Ils attendent une représentation forte, crédible, transparente et capable de défendre efficacement la conchyliculture française.


Au-delà des personnes, une question de démocratie professionnelle

Les personnes passent.

Les institutions demeurent.

C’est précisément parce que les institutions sont plus importantes que ceux qui les dirigent qu’elles doivent accepter le débat, la contradiction et la remise en question.

Cette démission ne constitue probablement pas la fin d’une histoire.

Elle pourrait être le début d’une réflexion devenue indispensable sur la gouvernance de notre Comité national de la conchyliculture, sur la place donnée aux élus de terrain et sur la manière dont les conchyliculteurs souhaitent être représentés demain.

La mer enseigne une leçon simple : aucune digue ne résiste durablement lorsqu’elle refuse de laisser circuler l’eau.

Il en va souvent de même des organisations humaines.


Le Goéland Déchaîné continuera, avec liberté et sans complaisance, à défendre une conviction simple : la conchyliculture française mérite une gouvernance exemplaire, ouverte au débat, respectueuse des femmes et des hommes qui produisent chaque jour nos huîtres, nos moules et nos coquillages. Parce qu’une institution forte ne se mesure pas à la hauteur de ses murs, mais à sa capacité d’écouter ceux qu’elle représente. Aussi aux prochaines élections, il y aura des candidats dignes et respectueux du travail des conchylicultrices et des conchyliculteurs de FRANCE.