Cette rubrique narrera sans être (véritablement) navré les tribulations de notre ami le Goéland Déchainé et de son cousin. le Cormoran déplumé, mais attention la punkette mouette est aussi en embuscade.
Leur ambition est d’interpeller sérieusement ou non, avec humour et légèreté.


VU !!!!!! DANS LA PARTIE POLITIQUE ++> : une autre histoire entendue dans une sacristie sur les côtes du Calvados : rouvrir la guerre des triploïdes …. sûrement un paroissien égaré dans son porte-monnaie ou dans ses poches/balloches au moment de la quête ( c’est presque une histoire pour notre ami Goéland :) ) . Après moi, je , voilà un beau programme …. encore un effort il ne va plus avoir de saturation de bassins (malgré leur vote dernier du SDS) . Ah relire la fable le loup et le Chien , sur l’air de tout se passe à Paris (surtout les affairismes)… Mais tout cela reste un joyeux humour de nos campagnes !
BIENTOT DANS TOUTES LES POCHES A HUITRES ! BIENTOT SUR TOUTES LES CORDES A MOULES
🎬 Bande-annonce : « Journal de bord d’une huître »
La chronique salée d’un métier qui ne l’est pas moins.
Vous pensiez qu’une huître ne parlait pas ?
Erreur.
Elle observe. Elle encaisse. Elle chronique.
Aux côtés de sa fidèle copine Moule — bouchotière à la langue bien pendue — notre huître raconte les coulisses de la filière :
celles qu’on ne montre pas sur les stands parisiens,
qu’on n’entend pas dans les discours officiels,
et qu’on préfère parfois enterrer… sous un vernis pastel et des mots à douze syllabes.
Au fil des épisodes :
- Une interprofession qui caresse la communication mais oublie le contenu, et les conchyliculteurs,
- Des visites ministérielles millimétrées, où tout est propre sauf la vérité,
- Des médaillements en série, pendant que les huîtres meurent et les producteurs crèvent,
- Des réunions où l’on parle stratégie technico-administratives et avancements de carrières, sans jamais parler prix, mais pas des entreprises familliales,
- Et surtout : beaucoup de coquilles… et très peu de chair.
- Et de la souveraineté alimentaire sans production naturelle, avec du surimi d’huîtres.
- Et de l’aquaculture, mais plus de conchyliculture.
- Et des sourires, et une pincée d’huile de bonne foi ou mauvais foie
📢 Ici, pas de langue de bois, ni de plastique.
Juste de la vase, des tables , des pieux, des tracteurs , des chalands, et ….. du franc-parler, et un œil bien ouvert ( un bec de goéland) sur ce qu’on voudrait cacher (ou couvrir tel tartuffe de notre bon Molière), ou que l’on ne sait pas voir. De la mauvaise foi: peut-être; mais avant tout le parti d’en rire dans la tradition de la moquerie gauloise et des chansonniers.
« Journal de bord d’une huître »,
c’est la chronique satirique d’un secteur qu’on aime, qu’on défend —
mais qu’on refuse de laisser sombrer dans l’oubli poli des institutions et des décorations .
🧂 À lire, à partager, à discuter.
🎯 À chaque épisode, une vérité qui gratte un peu… mais qui réveille. Et qui fait sourire.
Journal de bord d’une huître (épisode 1) (2025 08 30
“Méfiez-vous des types qui ne parlent qu’eux-mêmes, ils veulent rarement votre bien-être.”
Lundi– 10h02 – Basse mer.
Je suis posée depuis 16 mois sur une table, bassin Nord-Ouest, légère brise d’ouest, coefficient 78. Ma vie est rythmée par les marées, les chants de goélands, les remous des crabes, et les conversations des humains au-dessus de moi.
Sauf qu’en ce moment, ça ne parle pas de phytoplancton. Ça cause salons.
Je me méfie du mot “salon”. Chez les humains, un salon, ce n’est pas un lieu de repos. C’est un endroit où l’on se congratule, on goberge, en racontant que tout va bien, bref une vie en rose dans une villa du même acabit. Même quand tout va mal.
Mercredi– 14h43 – Pleine mer.
Un type est passé et a regardé le parc. Petit pull ajusté, chaussures lustrées (quelle idée ! sauf pour se mirer), crane rasé, regard lointain, narines retroussées. Il parlait très fort, mais ne regardait jamais l’eau. Il a dit qu’il était moi, moi, « vice-président de l’exclusivité” du moi, ce qui m’a fait doucement rire (enfin, façon huître, hein). Il disait que “la filière est dynamique à Paris, dans les ministères, portée par la modernité et l’innovation, mais que l’on ne faisait rien.” (A mon avis, il devait se parler voire se confesser)
Je regardais mes copines moules mortes à côté de moi, croquées par des araignées, et j’ai pensé : “C’est sûr qu’on innove. On fait du cimetière ouvert.”
Vendredi– 11h12 – Marée montante.
J’ai entendu parler d’un Conseil de Filière. C’est comme une grande messe où on ne mange pas d’hostie, mais où on sert du vent. Il paraît que les vrais sujets sont évités, “pour ne pas froisser l’administration”.
On nous a promis une stratégie algue-coquillage à l’horizon 2040. J’ai calculé, à ce rythme, je serai déjà digérée.
Dimanche– 17h36 – Marée basse.
Un drone est passé pour filmer des plans aériens “valorisants”. Il paraît que c’est pour la communication de l’interprofession. On voit mieux les parcs depuis les airs, c’est vrai. Ce qu’on ne voit pas, en revanche, ce sont les bras cassés, les comptes dans le rouge, et les éleveurs qui dorment mal à cause des charges.
Mais bon, paraît que “tout est au vert” , comme la laitue sur l’affiche de pub nationale (on nous prend pour des chèvres ?)
Moi je suis plutôt couleur nacre, avec un fond d’ironie.
Conclusion de la semaine :
Si j’étais humaine, je proposerais qu’on fasse le prochain Conseil de Filière dans l’eau.
À 6h du matin.
Par 3 degrés.
Avec les bottes et les cirés,
Peut-être que là, on parlerait enfin des vraies choses.
Journal de bord d’une huître (épisode 2) (2025 08 31)
“J’étais dans un salon. Pas un grain de sable, mais beaucoup de langue de bois.”
Mardi 27 février – 9h12 – Porte de Versailles,
Je ne sais pas trop comment j’ai atterri là.
Un matin, on m’a sortie de mon parc, brossée comme jamais, posée sur de la glace pilée avec mes cousines. Objectif : “dégustation pédagogique”. Traduction : se faire bouffer en expliquant que c’est pour la cause.
10h03 – Arrivée des officiels.
Costumes, pin’s à la boutonnière, badge nominatif. Ils ont l’air sérieux, concentrés… sur le photographe.
Un type s’arrête devant le stand et dit :
“En exclusivité Je suis vice-président” du moi – je fais mieux que tout le monde
Une responsable du stand lui répond poliment :
“Ah bon, vous en produisez encore ? Car on a lu que l’administration a écrit que vous n’êtes plus huitrisculteur »
Petit silence gêné. Il parle d’image, de visibilité, de structuration des filières, de lui, de lui, des méchants dans sa région qui lui demandent de respecter sa parole, et encore de lui, avec une variante de son moi-je exclusif.
Personne ne parle de mortalité, de charges, ni des araignées de mer, ni des soucis sanitaires. Ça fait désordre dans les éléments de langage.
11h20 – Discours du président.
Il utilise des mots très longs : “résilience”, “diversification”, “dynamique interacteurs” « Feampa fonds européens pêche mer aquaculture » , le tout ponctué d’un hochement de l’exclusivité tel le teckel sur la plage arrière de l’auto.
Moi, je traduis dans ma coquille :
→ Résilience : débrouille-toi.
→ Diversification : fais des algues si t’en peux plus des huîtres, mais attention grands groupes en approche.
→ Dynamique inter-acteurs : on continue de parler entre nous et le secteur commerce, on reçoit des ministres (ils doivent en faire collection), et vous, les vrais, vous restez dehors.
→ Feampa : certains se sont servis en déposant des dossiers puis il est feint de demander où sont passé les fonds ;
12h07 – Selfie Time.
Le vice-président revient, cette fois avec un veau sur l’épaule (en peluche). Il se prend en photo avec tout ce qui bouge : ministre, présentateur météo, statue de vache, pot de fleur. (Cela s’appelle faire un book pour démarcher les clients, c’est à la mode paraît-il)
Il me prend aussi, moi. #ProduitDuTerroir.
J’espère qu’il pensera à me taguer.
15h44 – Conférence “les coquillages de demain”.
Une start-up propose des huîtres connectées. Une autre, des bouchots biosourcés imprimés en 3D.
Une animatrice s’exclame : “Le futur est là !”
Moi, je me dis que ce serait déjà bien si le présent s’occupait du vivant.
Si je comprends bien, ils prônent l’auto confinement ou autocensure sur les pollutions extérieures , l’élevage en circuit fermé, bref la culture des huîtres sur les toits en ville
17h10 – Fin de journée.
Un professionnel de terrain ose une remarque sur les prix de vente, la précarité des entreprises, et le silence sur les prédations de mes copines moules, l’indemnisation des zones fermées.
Il est prié de “positiver”, on va rédiger un décret pour résoudre la prédation: on nous a expliqué que si c’est simple, c’est simple … si c’est compliqué, c’est compliqué …
Parce que quand tu perds 30% de ton chiffre, tu dois simplement le faire avec le sourire.
22h10 – Retour à l’hôtel.
On en a plein les « balloches », cette année super il n’y a pas ces fâcheux qui, sont prêts à en découdre, surtout sur leurs compagnes … on dit que ce ont des soutiens au fameux moi.moi
Conclusion de l’épisode :
On m’a servie à un influenceur food à 18h. Il m’a trouvée “authentique, iodée, intense”, et « allo c’est salé » .
C’est toujours ça.
Mais pour le reste… le seul endroit où tout est “au vert” (vert Marennes) (pour un royaume , aujourd’hui on dirait une élection : un roi n’a-t-il pas dit Ma reine vaut bien une messe) , c’est dans le discours officiel.
Moi, je suis plutôt couleur réalité, mais pas la reine des pensées parisiennes.